Me  ABOUBACRY BARRO SUR L’AFFAIRE SONKO-ADJI SARR

«La peine peut aller jusqu’à 10 ans»

 

Le procès Ousmane Sonko-Adji Sarr devant les chambres criminelles risque de ne pas être une partie de plaisir. Bien au contraire ! Car de l’avis de Me Aboubacry Barro du Barreau de Dakar, cette juridiction peut même prononcer un jugement allant jusqu’à une peine d’emprisonnement à vie.

«Toute personne présumée avoir commis un viol est renvoyée devant la Chambre criminelle pour y être jugée conformément à la loi», a d’emblée rappelé l’avocat accroché par nos confrères d’emedia. Poursuivant, Me Barro explique: «Maintenant, les droits de la défense sont sacrés. Le fait qu’un prévenu dise à l’attention du public et des journalistes qu’il est innocent, cela entre dans le cadre de l’exercice des droits de la défense qui sont reconnus par la Constitution et par le Code de procédure pénale. Aucun prévenu ne dira qu’il est coupable. Il va toujours dire qu’il est innocent. Le juge d’instruction est un enquêteur, c’est pourquoi on l’appelle magistrat instructeur». D’après lui, les rôles sont définis et préfixés dans les chambres criminelles. «Le Procureur est chargé des poursuites. Il est l’avocat de la société. Il ne juge pas, il poursuit. S’il est convaincu de ce qu’il n’y a pas d’indices contre une personne, il peut classer l’affaire sans suite. Mais s’il estime, comme c’est le cas en l’espèce, qu’il y a assez d’éléments à charge, c’est à partir de ce moment qu’il renvoie. Il appartiendra uniquement, seulement et exclusivement à cette dite juridiction de se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de la personne poursuivie. Ce qui importe le plus en matière juridique, c’est la loi, ici incarnée par le Code pénal, les juridictions de jugement, les avocats et les juges».

De l’avis de la robe noire, les avocats vont plaider, le Procureur va requérir à charge ou à décharge». Maintenant, renchérit Me Aboubacry Barro: «Il appartiendra à la Chambre criminelle de se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence. La peine peut aller jusqu’à 10 ans, peut-être la perpétuité s’il y a des circonstances aggravantes, un viol commis avec des actes de barbarie. Si une personne est convaincue de son innocence, elle a le droit de dire qu’elle ne peut pas être condamnée, mais il ne faut pas oublier que c’est la juridiction de jugement qui, seule, juge en fonction des éléments qu’elle a à son appréciation».

A noter que le leader de Pastef persiste dans son intime conviction d’être victime d’un «complot ourdi au plus haut sommet de l’Etat». Aussi, avertit Ousmane Sonko après son renvoi devant la Chambre criminelle: «Personne ne pourra me condamner à 5 ans de prison».

OUSMANE SONKO AVERTIT

«Je résisterai jusqu’à la fin de ma vie…»

«L’avenir politique de Macky Sall se joue avec ce dossier». Telle est la réaction du leader du Pastef au lendemain de l’annonce du renvoi de son dossier devant les chambres criminelles pour jugement. Dans une déclaration faite ce jeudi 19 janvier 2023, Ousmane Sonko a, de nouveau accusé, le camp du pouvoir d’instrumentaliser cette affaire de mœurs, qui l’oppose à la masseuse Adji Raby Sarr, pour l’écarter de la prochaine élection présidentielle 2024.Aussi, reproche-t-il, au Doyen des juges, Oumar Maham Diallo, d’avoir «passé sous silence le témoignage du Dr Alfousseynou Gaye qui a consulté la plaignante pour dire qu’il n’a rien vu qui puisse faire penser à l’existence d’un viol, tout en enfonçant les présumés comploteurs» dont Mes So et Dior Diagne. Ce qui lui fait dire que ces derniers devaient être convoqués et entendus par le juge. D’ailleurs, le maire de Ziguinchor, qui persiste et signe dans sa théorie du «complot»,  rappelle le «faux» de l’ancien procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye accusé d’avoir falsifié le rapport de la gendarmerie.

«Ce dossier n’aurait jamais dû arriver là où il est», a tranché le maire de Ziguinchor. Qui ajoute: «Je le (Oumar Maham Diallo) considère désormais comme un adversaire qui a exécuté une commande politique. Il devra en répondre».

«Je suis le seul maire qui, 10 mois après avoir été élu, ne peut pas voyager pour travailler pour (sa) commune», a-t-il déclaré. Avant de marteler: «Aujourd’hui, nous avons un adversaire politique et c’est une partie de la justice sénégalaise et il faut y ajouter Oumar Maham Diallo. J’ai toujours invoqué mon droit à la résistance. Je résisterai jusqu’à la fin de ma vie. Nous n’accepterons jamais l’injustice. Personne ne peut m’empêcher d’être candidat à la présidentielle (2024). Je ne vois pas un juge qui va me condamner à 5 ans de prison. Que chacun assume sa responsabilité. Nous mènerons les combats que nous devons mener. Tout ça, c’est pour faire oublier le rapport de la Cour des comptes, la hausse des prix. Tout cela, c’est pour faite oublier cette série tragique d’accidents et son lot de morts qui engagent la responsabilité de l’État».

Pour finir, il a annoncé qu’il poursuit la préparation de la prochaine présidentielle. Dans, a-t-il dit, il va reprendre le Nemekou tour, dès la semaine prochaine, à son retour de Ziguinchor. Avant d’annoncer la tenue d’un un méga-meeting dimanche prochain à Keur Massar.

 

 

 

Articles en relation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *